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«Historique»

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«Vaud 4»

Historique

Le peuple suisse a accepté la Constitution Fédérale le 12 septembre 1848. L'attribution de la régale des postes a été attribuée à la Confédération, en application de son article 33.

Par décret de l'Assemblée fédérale du 28 novembre 1848, la reprise des postes par la Confédération est fixée au 1er janvier 1849, les lois sur l'organisation de l'administration des postes et sur les taxes postales étant promulguées les 25 mai et 4 juin 1849 avec entrée en vigueur les 1er juillet et 1er octobre 1849.

Les 8 et 9 août 1849, le Conseil fédéral procède à diverses nominations, dont celle de M. J. Collignon-Faure, en qualité de directeur de l’arrondissement postal de Genève en remplacement de M. J.-J. Darier.

Le territoire suisse est divisé en 11 arrondissements dont le premier comprend le canton de Genève et le district vaudois de Nyon.

Quatre rayons postaux sont institués :


 1 lot = 15 grammes de plomb -  1 lieue = 4,8 kilomètres


Au terme de l’article 4 de la Loi fédérale sur les taxes postales du 4 juin 1849, le Conseil fédéral peut autoriser dans les endroits populeux où il y a un échange considérable de lettres, l’établissement d’une poste locale, par laquelle les lettres affranchies sont expédiées selon les tarifs suivants :



On le constate, le port augmentait en fonction du poids.

A cette époque et jusqu'au 1er janvier 1852, date de l'uniformisation de la monnaie, la Suisse connaît 19 sortes d'argent ou d'unités monétaires avec des taux de conversion variant de canton à canton en dépit de la même dénomination de l'unité monétaire.

Les Kreuzer et les Rappen ne présentaient pas de problèmes particuliers. En revanche, à Genève, l'unité monétaire française était utilisée. Aussi, un taux de change fut-il fixé par la Confédération avec entrée en vigueur en même temps que les taxes pour les lettres, soit le 1er octobre 1849.

Pour les taxes qui nous intéressent,



Il est probable que jusqu'en 1852, les cantons qui émirent des timbres-poste pour leurs besoins locaux purent continuer à le faire en monnaie locale.

Néanmoins, l'écusson fédéral devait figurer sur la vignette, cette possibilité ayant été utilisée par Zurich et Genève.

Pour répondre au nouveau taux de change imposé par la Confédération, il fut décidé de créer un timbre de 4 centimes, les «Aigles» déjà payés à ce prix depuis le 1er mars 1844 et continuant à être vendus jusqu'à épuisement du stock.


22 octobre 1849 - Vaud 4

Cette appellation est étrange pour un timbre genevois émis le 22 octobre 1849, alors que l'arrondissement postal de Genève englobait le district de Nyon. Le créateur du nom «Vaud 4» a peut-être pensé que ce timbre-poste pouvait être utilisé dans le canton de Vaud, ce qui était une erreur.

Imprimé par la Maison Schmid en feuilles de 100 pièces par le procédé de la lithographie, le «Vaud 4» a probablement été tiré à 10’000 exemplaires, ce chiffre étant approximatif en l'absence de pièces justificatives.

 

Le graphisme du timbre démontre que les postes dépendent de la Confédération. L'écusson à croix blanche sur fond rouge cerné par un cor de poste, attribut des anciens postillons, figure au centre du timbre. Deux cartouches contenant l'un l'indication «POSTE LOCALE» et l'autre la mention de la valeur, se trouvent, le premier dans la partie supérieure, et le second dans la partie inférieure du timbre.

A l'exception du fond de l'écusson rouge, tous les autres dessins et inscriptions sont noirs sur papier blanc.

Le timbre est vendu à la poste vraisemblablement à partir d'octobre 1849. Il est étonnant que la date exacte de parution n’ait pas été mentionnée dans la Feuille d’avis Officielle.

A l'occasion de la mise en vente du «Vaud 4», la deuxième rosette de Genève est évidée pour en faire aussi une oblitération fédérale qui devient la troisième rosette de Genève.

La première date connue d’utilisation est le 22 octobre 1849 à 8 heures et demi. Elle figure sur deux lettres adressées par MM. Lombard et Odier, banquiers, l'une à M. Perrot-Pourtales, et l'autre à M. De La Rive-Necker, tous deux domiciliés «en ville».

Il est possible que dans un avenir proche ou lointain, on découvre un «Vaud 4» portant une date antérieure au 22 octobre 1849, ceci bien que la rareté des pièces parvenues intactes à leur destinataire n'autorise pas un optimisme exagéré en cette matière.

La dernière date connue d’utilisation du «Vaud 4» est le 3 avril 1853.

Le «Vaud 4» est utilisé en paire afin d'acquitter le taxe cantonale pour une lettre simple (7 centimes représentant la conversion genevoise de 5 Rappen). La possibilité d'employer ce timbre avec le même pouvoir d'affranchissement que le «Vaud 5» après le 22 janvier 1850, permet un large éventail d'oblitérations.

Les plus courantes étant :


La rosette rouge No 3 utilisée du 22 octobre 1849 au 22 janvier 1850.


La rosette No 4 est employée du 23 janvier 1850 au 31 décembre 1850.


La quatrième rosette en noir a été utilisée durant les 16 premiers jours de 1851.


Les grilles fédérales noires et bleues sont connues sur ce timbre, mais elles sont rarissimes. Le «Vaud 4» a été vendu en ville de Genève, mais vraisemblablement pas à Carouge. A Chêne, il a été utilisé avec le PD bleu (payé destination). On en connaît 4 pièces seulement.

Si le pouvoir d'affranchissement du «Vaud 4» prend fin le 30 septembre 1854 seulement, et si ce timbre peut ainsi, théoriquement, être utilisé jusqu'à cette date, sa durée réelle est éphémère, d'où sa rareté.


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