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L'héliogravure       

Une autre forme d'impression utilisée par la Poste suisse est l'héliogravure pour produire les timbres spéciaux. Basée sur le même principe que la taille-douce, cette technique utilise la photographie de la gravure, qui est reproduite au moyen de petits points.

Le report de l'image sur le cylindre d'impression se fait au moyen d'une réaction chimique qui fait ressortir les points de la trame de l'image dans le métal. C'est la différence de profondeur de cette trame de points qui donne une jolie gamme de couleurs régulières. Les nuances foncées sont produites par la gravure profonde et les claires par les moins gravées. Les parties claires de l'image reçoivent peu de couleur alors que les parties foncées sont plus sensiblement imprégnées. 

Un autre signe de reconnaissance de l'impression hélio est visible à la loupe : le point de trame est carré et séparé des autres points par un espace régulier incolore. On observera cette marque dans un endroit clair de l'image, car la couleur se diffuse facilement. Dans les autres modes d'impression, la trame se présente en points ronds de différentes grandeurs. Sur les surfaces claires, les points sont très petits et pointus, et plus ils reçoivent de couleur intense, plus ils s'agrandissent pour former une surface compacte. L'hélio n'est pas exécutée par brossage comme dans la taille-douce, mais raclée. Le cylindre est complètement enduit de couleur et l'excès de celle-ci est raclé au moyen d'une lame d'acier qui est posée très près de la surface du cylindre, et qui enlève la couleur de façon à ce qu'elle reste uniquement dans les creux gravés.

La majorité des timbres spéciaux suisses, une grande partie des Pro Juventute à partir de 1931 et presque tous les timbres Pro Patria ont été exécutés selon ce procédé par la maison Courvoisier S.A. à La Chaux-de-Fonds. Cette maison est spécialisée dans l'impression délicate des timbres-poste et elle a propagé la réputation de notre industrie graphique dans le monde entier, puisqu'elle exécute des timbres pour plus de soixante pays, et que ces vignettes sont très appréciées pour leur beauté, leurs couleurs ainsi que la qualité de la reproduction qui plaît non seulement aux collectionneurs mais aussi aux profanes.

 

La lithographie

La lithographie a été inventée en 1797 à Munich par Aloïs Senefelder. Ce procédé a été très vite utilisé, surtout en France, pour ses nombreuses possibilités. Lors de la Révolution, il était nécessaire de pouvoir exécuter le plus rapidement possible des affiches, des avis et des communications pour le peuple, et ceci ne pouvait être réalisé que grâce à la lithographie. On peut mettre en parallèle la grande influence qu'ont eue les mots imprimés sur la culture et la civilisation - L'invention de la typographie s'est faite à la fin du Moyen Age et une nouvelle époque est apparue avec la lithographie.

Le principe de la lithographie est basé sur le fait que la graisse et l'eau se repoussent. Comme support d'impression, on utilise des pierres de calcaire très fines, ayant une grande homogénéité, comme celles, par exemple, que l'on trouve dans les carrières de Solnhofen, en Allemagne du Sud.

Pour l'impression, ces pierres doivent être absolument lisses et polies. Le lithographe décalque le dessin ou le texte avec une encre lithographique grasse, ou avec une craie spéciale, directement sur la pierre. Naturellement, ce travail doit être exécuté à l'envers, ce qui demande une grande habileté et une longue expérience. Ce système permet de faire des tirages avec des changements de couleur sur papier spécial, ainsi que des reports d'images et des textes, puisqu'on applique le papier directement sur la pierre. Ce type de reproduction donne la possibilité de reproduire plusieurs fois les mêmes dessins et les mêmes textes sur la pierre. De ce fait, la lithographie a été utilisée très tôt dans la fabrication de timbres-poste. On pouvait, au moyen d'une solution légèrement acidifiée, traiter la matrice de pression, afin que celle-ci soit à nouveau perméable à l'eau dans les endroits où la couleur ne parvenait plus. Lors de l'impression, la pierre est d'abord humidifiée. L'eau est poussée sur la pierre par le dessin graisseux, la coloration grasse qui suit renverse le processus : les parties humidifiées à l'eau (pas celles qui impriment) repoussent la couleur d'impression et ainsi la couleur grasse du dessin prend la couleur d'impression grasse aussi et la reporte sur le papier.

Avec la description de tous ces principes, on n'a pas épuisé toutes les ressources techniques et créatives de ce mode d'impression. C'est justement à cause de ses variétés de possibilités de reproduction que les artistes le préfèrent. Ce procédé qui permet de reproduire un dessin directement sur la pierre, en passant par différentes techniques de raclage et de gravure, donne la possibilité aux créateurs d'utiliser tout leur savoir en toute liberté, restriction faite, peut-être, pour la gravure sur acier.

L'offset

L'impression en offset utilisée aujourd'hui est un progrès sur la lithographie. Déjà en 1804, Aloïs Senefelder essaya de remplacer les lourdes pierres par des plaques de métal. Ce problème n'a toutefois été résolu qu'au début du XXème siècle. Quelques dizaines d'années auparavant, les premières presses rapides furent construites. Avec des plaques métalliques pliées, on a pu réaliser les premières presses rotatives qui fonctionnaient avec leur propre cylindre d'impression.

La différence entre l'offset et la lithographie réside dans le fait que le cylindre avec la planche d'impression n'imprime pas directement sur le papier, mais utilise un second cylindre en caoutchouc lisse, et que c'est celui-ci qui reporte le dessin sur la bande de papier, en utilisant un cylindre à contrepression. Sur la planche d'impression, le dessin est à l'endroit, puis il est reporté à l'envers sur le cylindre de caoutchouc qui, lui, le reproduit à l'endroit sur le papier. Ce système a deux avantages : il permet une grande vitesse d'impression et donne également la possibilité d'utiliser une qualité de papier plus ordinaire, qui ne soit pas nécessairement très lisse, car le cylindre de caoutchouc, par sa plus grande souplesse, donne une très bonne qualité d'impression.

La lithographie, de même que l'offset, offre des points de repère qui existent également dans les autres systèmes. Avec la typographie, le support d'impression presse la couleur vers l'extérieur et les dessins et lettres sont entourés d'une ligne profonde. Avec la lithographie, toute la surface est également imprimée et les bords ne ressortent pas aussi nettement que dans la typographie. Au verso, on ne distingue pratiquement pas l'impression, contrairement à l'autre système qui laisse de faible traces à cause de l'état souvent imparfait des formes utilisées pour la reproduction. Au contraire de la typographie, le papier est pressé contre les parties creuses de la gravure. En regardant l'impression à la loupe, on voit la couleur comme si elle était appliquée en relief sur la surface, alors qu'au verso, on distingue vaguement des marques de pression. On doit vraiment avoir un penchant pour le perfectionnisme pour vouloir connaître toutes ces différences techniques, pour collectionner les timbres non seulement pour leurs motifs ou leur valeur, mais aussi pour connaître leur fabrication, leur papier et les différents filigranes.


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