Falsifications

  Fac-similés

  Le faussaire François Fournier

  Le faussaire Jean de Spérati

Falsifications

Deux sortes de falsifications sont distinguées. La première est destinée à tromper la Poste et la seconde à tromper le collectionneur. En ce qui concerne les timbres suisses, aucun cas n’est connu où les falsifications ont été faites pour tromper la Poste. Quelques cas sont connus où quelques personnes ont réutilisé des timbres faiblement ou non oblitérés, mais aucun faussaire n'a essayé de s'attaquer aux timbres en cours.

Pour les collectionneurs, malheureusement il n’en est pas de même. Les premiers faux timbres ont été trouvés vingt-cinq ou trente ans à peine après leur apparition. Il s’agissait surtout des émissions classiques et chères.

Fac-similés

Dans notre pays, ce sont les timbres des Postes cantonales qui furent reproduits. Il ne s’agissait pas d’une fraude, car un grand nombre de ces fac-similés furent marqués au dos comme réimpressions et ont permis aux petits collectionneurs de remplir les cases vides de leur album avec ces grandes raretés. Toutefois, ce procédé eut des conséquences fâcheuses. Afin d’épater leurs amis, beaucoup de collectionneurs n'ont pas tenu compte de ces fac-similés lorsqu'ils montraient leur «trésor». Lors des ventes de successions comportant de tels timbres, il y a eu bien des déceptions et des querelles. Actuellement, de nombreux facs-similés remplissent encore les collections anciennes.

Par la suite, on a assisté au développement de ces falsifications qui ont été mises en vente comme de vrais timbres.

Le faussaire François Fournier

Dans les années 20, l'Union Philatélique de Genève accomplit un énorme travail, sous la direction de son président, M. E. Friedrich. Cette association réussit à acheter à la maison Ch. Hirschburger, également à Genève, un certain nombre de caisses pleines de marchandises douteuses. Celles-ci, en effet, contenaient non seulement tous les soldes des timbres-poste imprimés par les prédécesseurs de Hirschburger, mais encore les presses à imprimer et à denteler, et tous les stocks imprimés qui avaient servi à fabriquer tous les produits qui font actuellement le souci des philatélistes : les faux tant redoutés d'un certain M. François Fournier.

Les presses et les stocks d'imprimés furent remis au musée des PTT de Berne où, depuis, ils sont gardés sous clé.

Au musée des PTT à Berne, se trouvent aujourd'hui les clichés de Fournier. Ceux-ci permirent à l'intéressé d'imprimer des faux dont la perfection diabolique stupéfie les connaisseurs
Faux de Fournier (13672 octets) Faux de Fournier (12635 octets) Faux de Fournier (37905 octets)

Les membres de l'association confectionnèrent 475 albums avec les timbres qu'on y trouva, dans lesquels on peut voir presque tous les faux marquants de Fournier. Les albums furent numérotés et vendus à toutes les associations, experts et commerçants du monde entier, aux fins de contrôle, ce qui permit de couvrir le prix d'achat du matériel. Les autres pièces des installations de Fournier furent détruites sous contrôle.

Presse à main et dentelure (121387 octets)En un quart de siècle, ce que Fournier a pu produire en faux, souvent avec une maîtrise incomparable, dépasse l’imagination. Il n'y a pratiquement pas un timbre, parmi les joyaux des collections, qu'il n'ait imité et mis dans le commerce.

Presse à main de Fournier. A côté sa presse à denteler.

Par exemple, pour les faux du Japon de leur origine jusqu’à environ l’an 1900, Fournier avait émis une grande feuille à laquelle était annexée un tarif. Selon l'avis du faussaire, il valait mieux acquérir ces vignettes pour le prix de 20 mark plutôt que de devoir débourser 500 mark pour se procurer les timbres véritables. Les collectionneurs de son temps pensaient de même.

Mais bientôt quelques-uns d'entre eux réfléchirent. Les reproductions de Fournier étaient si bien faites que même des collectionneurs avisés s'y laissaient prendre et les considéraient comme authentiques.

L'un des faux les plus redoutés de Fournier est l'imitation d'un timbre de 4 centimes d'Alsace-Lorraine qui trompa maints collectionneurs éprouvés. En considérant ces albums, on craint d'avoir dans sa collection des faux de Fournier ou de Spérati, car Fournier n'était malheureusement pas le seul à déployer cette activité malhonnête qu'il maîtrisait si bien.

Le faussaire Jean de Spérati

Au centre du scandale des falsifications philatéliques qui ont retenu l'attention du monde entier, notons en France dans les années 1950 celui provoqué par Jean de Spérati. Ses faux étaient de petites merveilles artistiques qui ont réussi à tromper les meilleurs experts.

Bleu de l'île Maurice

Il se livra corps et âme à cette opération et il faillit ne jamais être démasqué. Dans le courant de l’année 1947, il transportait quelques timbres plus que rares, alors qu'il s'apprêtait à franchir la frontière franco-espagnole près de Hendaye. Un douanier reconnut parmi ces timbres le bleu de l'île Maurice et réclama le paiement des droits. Spérati s'y refusa en déclarant que le timbre était faux.

Au cours de l'interrogatoire auquel on le soumit, il avoua avoir imprimé lui-même ces timbres et d'autres pièces rares. Il l'avait fait pour avoir le plaisir de démontrer aux philatélistes et collectionneurs les plus avertis qu'il pouvait les tromper tous. Il ne voulut pas révéler comment il s'y était pris. Il prétendit cependant pouvoir livrer le bleu de l'île Maurice pour le prix de 8 francs la pièce à des milliers, voire des dizaines de milliers de gens. Selon lui, on ne pouvait pas distinguer un seul de ces timbres de l'original. Cependant les experts en timbres, qui avaient déclaré authentiques les produits de Spérati, ne voulurent pas en démordre. Ils auraient été la risée de tous. Ils affirmèrent que les timbres donnés pour faux par Spérati étaient authentiques.

Mais les douaniers crurent Spérati qui n'eut rien à payer. En revanche, il fut condamné à un an de prison quand on eut découvert qu'il avait offert ces produits aux enchères, et cela beaucoup trop cher. Après sa libération, on perdit sa trace en Suède où il a dû mourir.

C'est une chance pour les collectionneurs que Jean de Spérati, très âgé, ait dû vendre sa collection complète, avec les clichés et les archives de sa production. Celle-ci fut achetée par un groupement philatélique anglais, la «British Philatelic Association». Ce matériel fut soumis aux experts et les résultats portés à la connaissance du public, de sorte que ces falsifications ont perdu un peu de leur influence dangereuse.


 

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