Le collectionneur - Le philatéliste - Neuf ou oblitéré - Qualité des timbres

  Les charnières - Où acheter ses timbres - Estimer sa collection

  Les catalogues

Le collectionneur

Leur caractère fait que bon nombre d’hommes sont des collectionneurs nés. Ce qui les distingue, c’est la joie qu’ils prennent aux petites choses de l’existence, l’amour de l’ordre et surtout la persévérance. En suivant son penchant, le collectionneur satisfait à la fois, son goût de posséder, son sens esthétique, sa passion de la découverte ainsi que son besoin d’étendre ses connaissances et de se divertir. En résumé, les collectionneurs sont des gens heureux.

Certains collectionnent les livres anciens, les opercules, les boîtes d’allumettes, les autographes, bref, chacun peut trouver son bonheur dans une collection.

Toutefois, la collection de timbres-poste est sans doute la plus répandue dans le monde. Selon les statistiques, le nombre de ses adeptes s’élève à bien plus de vingt millions.

Le philatéliste

Se prétendre philatéliste, c’est être collectionneur et non spéculateur, homme ou femme d’honneur et non «filoutéliste». Celui ou celle qui ne fait que remplir les pages blanches de ses albums n’est pas encore philatéliste.

Le vrai philatéliste se plonge ardemment dans ses trésors. Il veut tout savoir de ses timbres, comment ils se fabriquent, leur emploi, leur particularité, etc.

«La philatélie est une des plus belles passions. Elle satisfait la curiosité et l'envie romantique de connaître des pays lointains. Elle contribue à jeter un pont entre les nations et les générations».

Robert STOLZ - Compositeur et philatéliste - 1880 - 1975

Neuf ou oblitéré

Lorsqu’il commence sa collection, le philatéliste doit décider lui-même. Tout peut être accepté neuf, oblitéré ou les deux à la fois. Toutefois, la règle est qu’il ne faut pas mélanger les timbres neufs avec ceux oblitérés.

Les émissions modernes sont de très bonne qualité. Pour ce motif, beaucoup de collectionneur préfèrent garder les pièces neuves afin que l’oblitération ne recouvre aucune partie du motif. D’autres, ne veulent que des timbres ayant voyagé et donc par la force des choses oblitérés. Ou encore des timbres ayant été oblitérés Premier Jour d'émission par la Poste. En définitive, ceci est une question de goût.

Qualité des timbres

Le collectionneur débutant doit impérativement tenir compte de plusieurs facteurs en ce qui concerne la qualité des timbres, car actuellement, celle-ci y joue un rôle capital.

Que faut-il regarder ?

Dans les timbres non dentelés :

L’image ne doit pas être touchée ou entamée. Les premières émissions avaient des lignes, ou filets séparatifs, entre les timbres, pour montrer ou il fallait les découper afin de les séparer. Le timbre est bon lorsque l’on voit un maximum de filets séparatifs. Dans certaines émissions, il ne faut pas non plus exagérer. Certains, comme le «Petit aigle» ou l’impression de Berne des «Rappen» n’avaient pratiquement pas de marges entre eux. De ce fait, il était très rare qu’un exemplaire soit muni de ses quatre marges après la coupe, ceci sans avoir endommagé un timbre voisin.

Les timbres très anciens et rares peuvent faire l’objet de certaines concessions. Une «Colombe de Bâle» avec un défaut dans le papier n’est pas sans valeur. Par contre, dans le prix de vente, les défauts doivent être pris en considération. Ce timbre peut valoir de 10 à 80 % moins cher qu’un exemplaire en parfait état, selon l’importance du ou des défauts. Il faut savoir que même les pièces en très mauvais état ne sont pas sans valeur.

Dans les timbres dentelés :

Ceux-ci doivent avoir toutes leurs dents. Les exemplaires aux dents courtes ou manquantes ne doivent pas figurer dans une collection, de même que ceux ayant des plis, des déchirures, une décoloration, une oblitération lavée ainsi que des traits de plume ou de crayon (sauf bien entendu les émissions sur lesquelles était prescrite une annulation à la plume ou au crayon gras).

Les charnières

Il faut savoir qu’autrefois, les gens mettaient leurs timbres dans leurs albums en les fixant par n’importe quel moyen. La colle forte, les bords de feuille des timbres. Il y a également eu des collectionneurs qui ont cousu les timbres sur les pages de leurs albums.

Vers 1880, les «charnières collantes pour timbres-poste» ont été proposées sur le marché. Les collectionneurs les ont utilisées pendant plus de soixante ans. Puis en Allemagne, après la Seconde Guerre mondiale, l’idée de collectionner des timbres neufs sans charnières a vu le jour. Le motif était que la face du timbre étant sans oblitération, il n’y avait pas de raison que le verso comporte un papier collant ce qui faisait que le timbre n’était «plus neuf». Une mode était née.

Immédiatement, les fabricants d’articles philatéliques mirent sur le marché des pochettes en cellophane adaptées aux formats des différents types de timbres.

L’aberration de cette mode est que les émissions d’avant et d’après-guerre furent mises sur le même pied. En effet, comment exiger des timbres neufs sans charnières lorsque ceux-ci proviennent d’anciennes émissions. Il est effectivement difficile de faire une différence car on collectionne le timbre et non la gomme. Actuellement et malheureusement, il s’agit d’un courant de mode.

Toutefois ce courant a son revers de médaille, car sur ces anciennes émissions, les charnières ou les traces de charnières furent enlevées. Le verso a même parfois été regommé afin de faire croire au «timbre neuf».

Il est bien entendu qu’un timbre ancien avec une charnière propre a tout à fait sa place dans une collection.

Où acheter des timbres

Le collectionneur a plusieurs façons d’acquérir des timbres-poste. La première et la plus simple est de s’abonner aux nouveautés philatéliques que la Poste émet chaque année. La seconde est de se rendre dans un magasin spécialisé. A cet endroit, il aura les conseils d’une personne avertie et professionnelle. La troisième est celle que je préfère. Le marché aux puces. Souvent à cet endroit, lorsque l’on en prend le temps, il y a des possibilités de découvrir des pièces très intéressantes, souvent pour un prix modique. De plus, chaque collectionneur aime bien «fouiner» afin de découvrir et d’acquérir à moindre frais la pièce qui lui manque.

Estimer sa collection

Lorsqu’on entreprend une collection de timbres-poste, il faut dès le début admettre le moins de pièces choisies au hasard et dans divers états de conservation, ceci aux seules fins de remplir les pages blanches des albums. Il est plus facile de vendre des timbres impeccables. Le contraire causerait au vendeur de désagréables surprises.

Un jour ou l’autre, tout collectionneur s’interroge sur la valeur réelle de sa collection. Mais il ne lui suffit pas simplement d’additionner les cotes figurant dans les catalogues. D’une part, l’offre et la demande déterminent la réduction à faire sur la cotation. De plus, l’état de conservation des pièces et le fait que la collection soit complète ou non jouent un rôle non négligeable.

De nos jours, lors de l’achat d’une collection de timbres neufs, il faut savoir que si les vignettes sont fixées à l’aide de charnières, la décote par rapport au prix d’un timbre neuf sans charnière est de l’ordre d’environ 50 à 60 %.

Enfin, il est préférable de vendre sa collection dans le pays d’origine afin que l’affaire soit la meilleure possible.

Pour tous ces motifs, une collection sérieuse ne mélange pas les timbres neufs avec les oblitérés. On fait l’un ou l’autre; ou l’un et l’autre.

Les catalogues

Pour estimer sa collection, le philatéliste a besoin d’avoir des prix de référence. Actuellement, sur le marché suisse, les deux catalogues les plus utilisés sont :

 

CATALOGUE DES TIMBRES SUISSES     
           ZUMSTEIN - SCHWEIZ/LIECHTENSTEIN    

Ces ouvrages sont remis à jour chaque année au mois de septembre et il est possible de les acquérir dans les magasins de philatélie. Leur prix se situe aux environs de Frs. 25.-.