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La poste suisse

La poste suisse

En Suisse, la poste se développa de façon analogue à celle créée par la famille Tassis. En 1675, sur proposition de Beat Fischer von Reichenbach, la République de Berne accepta de lui accorder les régies des Postes et lui signa un bail de 25 ans. En contrepartie, il devait expédier gratuitement tout le courrier adressé à un département gouvernemental.

Beat Fischer von Reichenbach commença donc à développer sa propre administration postale. Il fit des contrats avec les cantons voisins. Le canton de Zurich et la principauté rendirent possibles des courses postales régulières. Les parcours transalpins et traversant le Valais devinrent particulièrement importants. Fischer réussit à conclure un arrangement avec le canton d’Uri, avec l’aide du directeur de la poste zurichoise. Ce canton accordait le droit de passage et la liberté douanière à ses messagers. De plus, des contrats avec Milan et Venise assurèrent l’union avec les réseaux postaux italiens.

En 1792, les Fischer obtinrent un bail pour la régie des postes valaisannes, ce qui permis à leurs messagers de passer le Grand-Saint-Bernard afin d’atteindre Turin.

Au XVIIème siècle, d’autres organisations postales existaient : la poste de Zurich, dont l’organisation dépendait principalement des commerçants, les postes bâloises et la famille Klingenfuss à Schaffhouse qui reprit aux Taxis l’administration postale de ce canton (dès 1712, ce furent les familles Meyerburg, Peyer et Stockar).

Pour toutes les villes suisses importantes, la Suisse orientale, l’Italie du nord et le sud de l’Allemagne, des courses postales furent créées.


Conditions de circulation

Les conditions de circulation furent réétudiées au XVIIIème siècle avec l’accroissement des échanges commerciaux. Dans la première moitié du XVIIIème siècle, le perfectionnement du réseau routier et la construction de nouvelles routes ont permis de remplacer les estafettes par des diligences à horaire régulier, qui acceptaient le transport des passagers.

La révolution française a apporté à la poste une révolution fondamentale. Selon le modèle français, la République helvétique acquit le monopole des postes. Le Conseil législatif, décida, malgré les difficultés liées à l’organisation d’une nouvelle poste, de prendre à son propre compte l’administration et l’élaboration d’une Direction générale des Postes. Il fallait normaliser les taxes postales sur tout le territoire de la République. On se servit des tarifs postaux de Fischer comme base de calcul. Ceux-ci résultaient d’une moyenne entre le poids des plis et la distance à parcourir.

Il a été essayé d’apporter beaucoup d’améliorations à l’organisation postale helvétique. Cependant, cette tentative échoua devant la résistance qu’opposait les adversaires du système. Les vieilles familles à fermage demandèrent des dédommagements, ce que le gouvernement helvétique ne pouvait accepter. La période de médiation et la chute de la République helvétique qui suivit provoquèrent le retour à la souveraineté de la poste cantonale. En 1803, l’administration centrale fut dissoute.

En 1848, lors de la création de la Poste fédérale, beaucoup de projets provenant de la République helvétique et concernant l’organisation postale furent réalisés. L’époque de la technique commençait et elle n’apporta pas seulement des modifications fondamentales dans l’organisation de la poste.


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