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De nos ancêtres aux Chinois |
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Histoire de la poste |
L'écriture
La première écriture a été les dessins faits par nos ancêtres. Gravés ou dessinés sur les rochers ou les parois des cavernes, ils relataient des scènes de chasses couronnées de succès, d’expéditions guerrières, etc.
Des dessins, nous arrivons à la figure,
c’est-à-dire à l’écriture rébus. Les dessins primitifs représentent dès
lors les éléments pour composer une phrase. Pour les hommes de l’époque,
ils sont devenus des mots. A partir du dessin, graduellement s’est formé
l’alphabet.
L’homme a donc d’abord appris à écrire sous forme de dessins et de figures, ensuite par l’application de tout un alphabet. Cette écriture était gravée sur des tablettes de bois, de cire, d’argile ainsi que sur des peaux d’animaux. Les chinois se seraient servis de la soie, ce qui nous ferait remonter à 2000 ou 2500 ans avant J.-C.
Ecriture cunéiforme de la fin de l'époque sumérienne
sur tablette d'argile, vers 2095 avant J.-C.
Les origines de la lettre se confondent avec celles de
l'écriture. Dans la haute Antiquité, les Assyriens et les Grecs
communiquaient déjà à l'aide de tablettes de pierre ou d'argile, sur
lesquelles ils gravaient leurs messages. Ces tablettes étaient transportées à
découvert et n'étaient donc pas emballées.
Le secret de la correspondance n'en était pas moins sauvegardé, puisque seules quelques personnes étaient capables de déchiffrer l'écriture.
Quant aux égyptiens, ceux-ci utilisèrent le papyrus qui a donné son nom au papier. Celui-ci fut inventé par les chinois quelques années avant notre ère. Ils furent les premiers à former une feuille souple et polie par feutrage de fibres végétales.
De la Chine, l’industrie du papier arriva en Europe. Toutefois, chez nous, l’emploi du papier ne se généralisa qu’au XIIIème siècle.
Mais lorsqu'on se mit à écrire sur des matériaux plus
souples, comme le papyrus égyptien, les tablettes de cire romaines, le papier de
riz chinois ou le parchemin en usage au Moyen-Âge, l'expéditeur commença à
enrouler ou à plier la lettre et à la fermer à ses extrémités par des rubans
assemblés et tenus par des cachets d'argile ou de cire.
Papyrus égyptien avec sceau en argile, reproduction
Le même procédé fut utilisé plus tard pour fermer les côtés ouverts des feuilles pliées en quatre.
Cire à cacheter
Au 15ème siècle, l'argile et la cire firent place à la cire à
cacheter qui nous était venue de Chine, comme le papier. Jusqu'aux environs de
1830, la cire à cacheter était pour la lettre un moyen de fermeture universel et
le demeura même après l'apparition des premières enveloppes.
L'enveloppe gommée ne fut inventée qu'en 1880 de sorte qu'on ne cacheta plus par la suite que les lettres d'amour et les envois de valeur.
Parchemin avec sceau en cire dans
une capsule en bois, probablement
du 17ème siècle
Le matériel d'écriture
On écrivait au burin et au style dans
l'argile et sur les tablettes de cire, au pinceau sur le papyrus et, à ses
débuts, aussi sur le parchemin. Ce n'est qu'au 14ème siècle, lorsque le parchemin
lisse amélioré et le papier dit de chiffon commencèrent à être utilisés en
Europe, qu'on écrivit avec d'autres instruments.
Etui pour plume d'oie avec lame pour
la tailler et cachet à l'extrémité, vers 1800
Au fil des années, on essaya toutes sortes de moyens allant du roseau taillé à la plume métallique en bronze et en cuivre en passant par les plumes d'oiseaux (oie, cygne, etc.) et les pointes de bois dur, jusqu'à ce que l'Angleterre se mette à fabriquer industriellement des plumes métalliques en 1820.
Le destinataire
Une fois que la lettre était pliée ou mise sous enveloppe, il
fallait encore y écrire l'adresse du destinataire. Jusqu'à la Première Guerre
mondiale, le nom du destinataire était assorti d'interminables formules de
politesse et de toutes sortes de titres. Avant et même pendant le 18ème siècle, on
traçait à côté de l'adresse une croix signifiant qu'on plaçait la lettre sous la
protection divine. Plus tard, d'autres indications, telles que «Courrier
spécial», «Chargé», «Route de Bâle», etc., apparurent sur les lettres.
Pli avec diverses indications de taxes, adressé à
Samuel Sigmund Fischer von Reichenbach, intendant général
des postes et ancien capitaine de cavalerie de l'armée prussienne,
de Brandenbourg à Berne, 20 mars 1819
Bureau d'origine et date de dépôt
Au 17ème siècle, les cachets postaux portaient uniquement le nom
du bureau d'origine.
La date de dépôt n'y apparut qu'à partir de 1830; une certaine standardisation se produisit vers 1840 après l'introduction des timbres-poste Au début, on indiquait les taxes de transport au verso des lettres; elles se composaient de différentes monnaies et se calculaient sur la base de diverses unités de poids.
Lettre de Vaulruz (Fribourg) à Neuchâtel avec cachet de
route «ROUTE DE VEVEY» pour le parcours jusqu'à Bulle,
20 mai 1853
| Cachet de rosette de la Ville de Genève, vers 1845 |
Cachet losangique vers 1850 |
Etui pour allumettes avec |
Histoire de la poste
Suisse, réseau «cursus publicus»
Les
égyptiens avaient déjà créé un système postal vers 2500 avant J.-C. avec
des liaisons de Memphis à Carthage, jusqu’en Nubie, en Ethiopie et en
Asie-Mineure. Au 8ème siècle avant J.C., la bible fait mention de
messagers de poste. Dans l’Empire romain, l’organisation de la poste
atteignait un niveau supérieur. Bien développé sous l’empereur Auguste et
appelé le «cursus publicus», il consistait en routes bien entretenues qui
reliaient entre elles les grands centres de l’empire. Tout au long des routes,
des «statio posita» (stations de postes) étaient installées à des distances
déterminées. Les relais pour changement de chevaux étaient appelés «mutationes».
Avec la chute de l’empire romain, le «cursus publicus» est tombé dans
l’oubli.
Messagers
Au
XIIIème siècle, on rétabli le «cursus publicus» principalement pour les
souverains, ceci à des fins politiques, administratives ou militaires. Au XIIIème
siècle, il y eut également un grand développement culturel au sein des monastères
et des universités, d’où un besoin de communiquer avec les principaux
centres culturels européens. En plus des messagers d’Etat, apparurent des
messagers religieux et universitaires. Contre une redevance, ceux-ci acceptaient
de transporter les lettres des particuliers.
Avec le développement du commerce, les corporations et les associations de commerçants créèrent des services réguliers de messagers. Les commerçants Fugger d’Augsburg, la République de Venise et la famille Visconti de Milan organisèrent des services de poste.
En Suisse, les corporations des villes de Bâle, Zurich, Schaffhouse, Genève et tout particulièrement St-Gall établirent des estafettes régulières.
Une importante innovation fut introduite en 1480. Les lignes postales étaient dorénavant mises à la disposition des particuliers et le successeur de Louis XI, Charles VIII, ordonna en 1495 que le transport de correspondance privée fît dorénavant partie des devoirs de la Poste d’Etat. Ce qui donna une conséquence fondamentale pour l’organisation de la poste.
Dans une situation politique difficile, le Saint-Empire développait la même politique malgré que l’organisation d’un service de poste fut rendu ardu. Malgré l’opposition de nombreux princes plus ou moins souverains, l’empereur Maximilien demanda la collaboration de la famille Tassis, noble famille italienne, laquelle avait déjà joué un rôle important lors de l’introduction de la poste des Visconti.
Léonard de Tassis
En
1543, Léonard de Tassis fut nommé inspecteur général des postes par Charles
V. Cette fonction fut conservée par les Tassis jusqu’à la chute de
l’empire en 1806. Par la suite, ils assumèrent la régie des postes dans
divers pays allemands. (Le service postal issu de la famille des Tassis est
connu sous le nom de Tour et Tassis ou Thurn et Taxis).
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